Histoire du Liban
et de la France au Liban

Par le Dr François Boustani

Histoire du Liban et de la France au Liban

L’Histoire est le produit le plus dangereux que la chimie de l’intellect ait élaboré. Ses propriétés sont bien connues. Il fait rêver, il enivre les peuples, leur engendre de faux souvenirs, exagère leurs réflexes, entretient leurs vieilles plaies, les tourmente dans leur repos, les conduit au délire des grandeurs ou à celui de la persécution et rend les nations amères, superbes, insupportables et vaines.

— Paul Valéry

Présentation

L’Histoire est sans doute la science la plus incertaine que l’esprit humain ait inventée. Au Liban, chaque communauté possède son propre récit, et l’enseignement scolaire, conçu à l’origine pour légitimer le projet du Grand Liban, n’a fait qu’accentuer la confusion. Résultat : un profond trouble identitaire chez de nombreux Libanais.

C’est pour lever ces ambiguïtés que nous avons créé ce site. Notre objectif : éclairer les zones d’ombre, expliciter les non-dits et offrir une lecture claire et documentée de l’histoire du Liban. Une question centrale s’impose : « Qui sommes-nous ?». Cette interrogation continue de tarauder les Libanais. Elle touche à l’identité, à la légitimité historique du Liban et à son rapport complexe avec la Syrie, à la fois si proche et si lointaine.

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À travers seize conférences vidéo illustrées de photos d’archives et de cartes, nous revenons sur :

  • la proclamation du Grand Liban par le général Gouraud en 1920 et la création de la République libanaise en 1926
  • les projets territoriaux en compétition lors de la partition du Levant
  • la position des différentes communautés face au projet libanais et son évolution dans le temps

Pour comprendre la naissance du Liban, nous faisons le point également sur sa situation géopolitique avant 1920 :

  • l’histoire des principales communautés libanaises
  • l’organisation du territoire à l’époque ottomane
  • l’Émirat druze, la Mutasarrifiyya
  • l’essor de Beyrouth au XIXᵉ siècle, devenue centre d’un vilayet en 1888

Nous situons aussi le Liban dans un contexte régional plus large, celui de l’histoire du Proche-Orient :

  • l’arrivée des réfugiés arméniens, syriaques, palestiniens et assyrochaldéens
  • les nationalismes, arabe, syrien et libanais
  • la naissance de la Syrie, de l’Irak et de la Jordanie après la chute de l’Empire ottoman

Ces dynamiques ont façonné, parfois déchiré, l’identité libanaise depuis un siècle.

Nous tentons d’apporter des éléments de réponse à deux interrogations majeures :

  • Le Liban est-il arabe ?
  • De quoi le Liban est-il le nom ?

Depuis cent ans, l’identité libanaise se construit dans les tensions, les conflits, mais aussi dans la négociation et l’altérité. Aujourd’hui encore, une volonté de vivre ensemble émerge, fragile mais réelle.

L’histoire du Liban croise aussi une page méconnue de l’histoire de France :

  • les écoles des congrégations catholiques françaises au Levant
  • le commerce de la soie avec Lyon
  • le mandat français, qui a contribué à l’édification de l’État libanais en vingt-cinq ans

De cette rencontre est né un espace de liberté et un foyer de rayonnement de la culture française sur les rivages orientaux de la Méditerranée.

Dr François Boustani.

Vidéos

Entretiens sur l'Histoire du Liban

A. Les communautés libanaises

Les communautés libanaises
23mn 15s

B. De l'Émirat du Mont Liban à la Mutassarifyat

De l'Émirat du Mont Liban à la Mutassarifyat
11mn 52s

C. Émergence de Beyrouth

Émergence de Beyrouth
11mn 50s

D. Le Proche-Orient et la Première Guerre mondiale

Le Proche-Orient et la Première Guerre mondiale
17mn 49s

E. Création et proclamation du Grand Liban

Création et proclamation du Grand Liban
21mn 15s

F. Du mandat francais à l'indépendance

Du mandat francais à l'indépendance
17mn 16s

G. Le liban indépendant et la guerre civile

Le liban indépendant et la guerre civile
14mn 48s

H. Les racines de la guerre

Les racines historiques de la guerre civile libanaise
18mn 19s

I. Le liban indépendant et la guerre civile

Le nationalisme arabe
21mn 11s

J. Le Liban est-il arabe ?

Le Liban est-il arabe ?
9mn 28s

K. Genèse du Proche Orient

Genèse du Proche Orient
20mn 08s

L. Les refugiés arméniens

Les réfugiés arméniens
10mn 58s

M. Les réfugiés palestiniens

Les réfugiés palestiniens
8mn 22s

N. Universite Saint Joseph

Universite Saint Joseph
18mn 34s

O. Université Américaine

Université américaine
12mn 02s

O. Université Américaine

De quoi le Liban est il le nom ?
13mn 08s

En savoir plus

Conférence 2025 : Les racines de la guerre civile libanaise

Conférence 2025, institut français de Beyrouth : Les racines de la guerre civile libanaise
1h 23mn

Centenaire de la proclamation du Grand Liban

Centenaire de la proclamation du Grand Liban
25mn 24s

Conférence 2021 - Liban, genèse d'une nation singulière

Conférence 2021 - Liban, genèse d'une nation singulière
52mn 27s

Photos

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Époques ottomanes

École de village au Mont-Liban avant la Première Guerre mondiale

Sur cette photo, une école de village au Mont-Liban avant la Première Guerre mondiale. Le Liban n’a pas de pétrole mais il a des écoles ! En 1736, le Concile maronite de Louaizé a décidé l’instruction de la jeunesse. A leur arrivée, les missionnaires protestants et catholiques trouvent un terrain fertile déjà préparé par l’Eglise maronite.

Arrivés en 1831, les Jésuites ouvrent en 1845 à Ghazir un séminaire dans un ancien palais, acheté à l’émir Abdallah Chéhab.

Arrivés en 1831, les Jésuites ouvrent en 1845 à Ghazir un séminaire dans un ancien palais, acheté à l’émir Abdallah Chéhab. L’objectif est de former le clergé oriental pour contrer la propagande protestante venue de Boston en 1823.

Ce séminaire sera transféré à Beyrouth en 1875 et devient le noyau de l’université Saint-Joseph.

Le séminaire de Ghazir sera transféré à Beyrouth en 1875 et devient le noyau de l’université Saint-Joseph.

La cohabitation entre Druzes et Maronites éclate en une guerre civile en 1960 avec massacre des chrétiens par les Druzes.

La guerre civile entre Druzes et Maronites éclate en 1860 avec le massacre des chrétiens par les Druzes. Grande émotion en Occident : Napoléon III dépêche une armada dans ce qui ressemble à une première force de la paix. Le rôle de ces soldats n’était pas de faire la guerre mais séparer les belligérants et pacifier la Montagne. Le corps expéditionnaire français débarque à Beyrouth en août 1860 et embarque en juin 1861.

Napoléon III ne se contente pas d’envoyer des troupes mais impose au sultan ottoman l’autonomie de ce territoire druzo-maronite sous le nom de territoire autonome du Mont-Liban ou la Mutassarifya

Napoléon III ne se contente pas d’envoyer des troupes mais impose au sultan ottoman l’autonomie de ce territoire druzo-maronite sous le nom de territoire autonome du Mont-Liban ou la Mutassarifya, une autonomie très poussée sous garantie internationale. Tout en faisant partie de l’empire ottoman, le sultan ne pouvait pas déplacer d’un cm la frontière et l’armée ottomane était interdite à l’intérieure de ce territoire.

Daniel Bliss, fondateur du Syrian Protestant College, entouré de sa famille

Daniel Bliss fonde le 3 décembre 1866 le Syrian Protestant College ancêtre de l’université américaine de Beyrouth. Il obtient des financements lors d’une tournée en Angleterre et aux États-Unis en pleine guerre de Sécession. À New York, il réussit à persuader William E. Dodge, un riche homme d’affaire et mécène à s’engager à ses côtés.

Faculté de médecine du Syrian Protestant College.

Faculté de médecine du Syrian Protestant College. Au premier rang : Dr. George Post, Dr. John Wortabet, Dr. Cornelius Van Dyck, Harvey Porter et Edwin R. Lewis. Une section d’études médicales est ouverte en 1867 au Syrian Protestant College, incitant les Jésuites à faire de même.

Jury de médecine en 1903.

Jury de médecine en 1903 : au premier plan, trois professeurs français avec leurs toges, chargés de délivrer aux lauréats le diplôme d’Etat français de docteur en médecine et deux professeurs ottomans chargés de leur délivrer le diplôme ottoman. Présents aussi sur la même photo un jésuite le père Cattin à gauche du jury et le consul de France à droite du jury.
Le chef de la mission jésuite s’adresse à Jules Ferry pour obtenir une aide financière. A la surprise générale, Ferry leur accorde 150000 francs pour la fondation d’une école de médecine à Beyrouth.

Syrian protestant college

Sur cette photo, le Syrian Protestant College ancêtre de l’université américaine de Beyrouth. Une compétition s’instaure entre missionnaires protestants américains et missionnaires catholiques français pour le grand bonheur des Libanais. Quand l’un ouvre une école, l’autre ouvre une école, quand l’un ouvre une université, l’autre ouvre une université.

Université Saint-Joseph

Sur cette photo, l’université Saint-Joseph. Avec ses deux universités, le Syrian protestant college et l’université Saint-Joseph des Jésuites, Beyrouth sera considérée à la fin du XIXème siècle comme le grand centre universitaire de l’empire ottoman.

Cette école missionnaire entraine une émulation, chaque communauté libanaise cherchant à avoir ses propres écoles.

Les écoles missionnaires (catholiques et protestantes) entrainent une émulation, chaque communauté libanaise cherchant à avoir ses propres écoles. Cette photo montre une classe des Sœurs des Saints Cœurs, une congrégation fondée en 1874 à l’initiative des pères jésuites .

Dans la deuxième moitié du XIXème siècle, on assiste au déferlement des congrégations catholiques françaises, fuyant les lois de la laïcité en France,

Dans la deuxième moitié du XIXème siècle, on assiste au déferlement des congrégations catholiques françaises, fuyant les lois de la laïcité en France, qui ouvrent des écoles en grand nombre à Beyrouth et dans le Mont-Liban. Sur cette photo, le collège Aïntoura qui a été le premier, en 1834, à enseigner le français au Liban.

Suite à une maladie touchant les vers à soie à Lyon, les soyeux lyonnais ouvrent des magnaneries dans le Mont-Liban.

Suite à une maladie touchant les vers à soie à Lyon, les soyeux lyonnais ouvrent des magnaneries dans le Mont-Liban. Les montagnards libanais se convertissent en grand nombre à la sériciculture. On estime que la moitié des revenus du Mont-Liban à la veille de la Première Guerre mondiale proviennent du commerce de la soie avec Lyon. La chambre de commerce de Lyon était très impliquée au Liban.

Manquant de plaine et de port, la Mutassarifya va connaitre une émigration massive vers les deux Amériques.

Manquant de plaines et de ports, la Mutassarifya va connaitre une émigration massive vers les deux Amériques. Les émigrés vont envoyer de l’argent et enrichir leurs familles certains retournent au pays et ramènent avec eux un mode de vie à l’occidentale. Toute une littérature sera écrite par des écrivains émigrés, comme Gibran Khalil Gibran, qui va contribuer à changer les mentalités.

Ohannès Pacha Kouyoumdjian, dernier gouverneur du territoire autonome du Mont-Liban

Ohannès Pacha Kouyoumdjian, dernier gouverneur du territoire autonome du Mont-Liban, est un Arménien catholique de Constantinople. La Mutassarifya devait être gouvernée par un gouverneur catholique sujet du sultan ottoman mais non libanais pour ne pas favoriser sa communauté.

Le Liban pendant la Grande Guerre

La Croix-Rouge américaine en 1915, seule organisation humanitaire engagée à Beyrouth pendant la Première Guerre mondiale

La Croix-Rouge américaine en 1915, seule organisation humanitaire engagée à Beyrouth pendant la Première Guerre mondiale

Orphelinat fondé par les Turcs à Aïntoura (Liban) pour rassembler et « turquiser » les orphelins arméniens.

Orphelinat fondé par les Turcs à Aïntoura (Liban) pour rassembler et « turquiser » les orphelins arméniens.

Jamal Pacha et Hilda Adib devant l’orphelinat de Aïntoura ayant pour mission de « turquiser » les orphelins arméniens.

Jamal Pacha et Hilda Adib devant l’orphelinat de Aïntoura ayant pour mission de « turquiser » les orphelins arméniens.

L’université Saint-Joseph a été fermée par les autorités ottomanes pendant la Première Guerre mondiale et transformée en école turque de policiers

L’université Saint-Joseph a été fermée par les autorités ottomanes pendant la Première Guerre mondiale et transformée en école turque de policiers

La famine, dans la Mutassarifya, a décimé le tiers de la population majoritairement maronite

La famine, dans la Mutassarifya, a décimé le tiers de la population majoritairement maronite.

La famine a déterminé l’Église maronite à vouloir agrandir la Mutassarifya en la dotant de plaines et de ports pour la rendre viable sur le plan économique.

La famine a déterminé l’Église maronite à vouloir agrandir la Mutassarifya (territoire autonome du Mont-Liban) en la dotant de plaines et de ports pour la rendre viable sur le plan économique au risque d’intégrer beaucoup de musulmans et de perdre la suprématie démographique. D’où le projet du Grand Liban (le Liban actuel) par opposition au territoire autonome du Mont-Liban.

Pendant la Première Guerre mondiale, Jamal Pacha a exécuté une élite syro-libanaise qui militait pour l’indépendance des provinces arabes de l’empire

Pendant la Première Guerre mondiale, Jamal Pacha a exécuté une élite syro-libanaise qui militait pour l’indépendance des provinces arabes de l’empire : les chrétiens voulaient un Grand Liban indépendant et les musulmans militaient pour un grand royaume arabe indépendant incluant le Liban.

Orphelinat fondé par les Turcs à Aïntoura (Liban) pour rassembler et turquiser les orphelins arméniens

Noury Saïd, un officier Bagdadi de l’armée ottomane, qui a rejoint la révolte arabe et sera un adjoint de Fayçal et homme fort de l’Irak jusqu’à 1958

Le général Gouraud a perdu son bras droit à la bataille des Dardanelles, une offensive franco-britannique pour s’emparer directement des détroits et attaquer Constantinople.

En visitant un hôpital lors de la bataille des Dardanelles en 1915, le général Gouraud est soufflé par une bombe. Il perd son bras droit et voit ses deux jambes fracassées, ce qui ne l’empêche pas d’être quelques mois plus tard à la tête des troupes en Champagne. La photo est prise la veille du jour où il fut blessé à Sebd-ul Bahr (Dardanelles).

Respectant les accords Sykes-Picot, les Britanniques qui ont chassé l’armée ottomane du Levant, ont laissé débarquer symboliquement en premier les troupes navales françaises à Beyrouth.

Respectant les accords Sykes-Picot, les Britanniques qui ont chassé l’armée ottomane du Levant, ont laissé les troupes navales françaises débarquer en premier à Beyrouth, le 7 octobre 1918.

Troupes anglaises à Beyrouth devant le bâtiment de la municipalité en octobre 1918

Troupes anglaises à Beyrouth devant le bâtiment de la municipalité en octobre 1918. Il a fallu attendre novembre 1919 pour que les Britanniques acceptent la relève de leurs troupes par les troupes françaises sur le littoral syro-libanais. L’intérieur syrien et Damas, qui faisaient aussi partie de la zone d’influence française dans les accords Sykes-Picot, restaient entre les mains de Fayçal.

Traversé d’un pont par l’armée française en Cilicie.

Sur cette photo : traversée d’un pont par l’armée française en Cilicie. Située entre les montagnes du Taurus et la frontière syrienne, la Cilicie faisait partie de la zone du mandat français. La France voulait y installer un foyer national arménien. Mais en raison de la forte résistance des Turcs, Aristide Briand décide de céder ce territoire à Mustapha Kemal dans les accords d’Ankara signés en 1921. Échaudés par le génocide, les Arméniens fuient ce territoire avant l’arrivée de la nouvelle administration turque. C’est dans ce contexte que 30000 Arméniens arrivent au Liban et constituent la 18ème communauté libanaise.

Orphelins arméniens à Antélias au Liban à la fin de la Première Guerre mondiale

Orphelins arméniens à Antélias au Liban à la fin de la Première Guerre mondiale

Dispensaire fondé par les Français pour apporter aide à la population.

Dispensaire fondé par les Français pour apporter aide à la population sinistrée pendant la Première Guerre mondiale.

À leur débarquement au Liban en 1918, les militaires français organisent des soupes populaires

À leur débarquement au Liban en 1918, les militaires français, en découvrant les ravages de la famine, organisent des soupes populaires, comme dans cette photo qui a lieu à Harissa.

Création du Grand Liban

Robert de Caix, éminence grise du Mandat (photographie de passeport pour la Russie, en 1915)

Robert de Caix, éminence grise du Mandat (photographie de passeport pour la Russie, en 1915). Il a été secrétaire général du Haut-Commissariat à Beyrouth sous Gouraud. Puis devient lui-même haut-commissaire par intérim en 1922. Il a joué un rôle clé dans la négociation avec l’émir Fayçal

La deuxième délégation libanaise à la conférence de Paix, conduite par le patriarche Hoyeck

Les Libanais ont dépêché trois délégations à Paris pour réclamer devant la Conférence de Paix la création du Grand Liban. Cette photo représente la deuxième délégation libanaise à la conférence de Paix, conduite par le patriarche Hoyeck et composée d’évêques maronites et de l’évêque grec-catholique de Zahlé. La photo parle d’elle-même : ce sont les milieux catholiques libanais qui voulaient le Grand Liban.

Le patriarche Hoyeck et ses évêques devant le 17 rue de Bellechasse à Paris, où ils logeaient.

Le patriarche Hoyeck et ses évêques devant le 17 rue de Bellechasse à Paris, où ils logeaient.

Délégation du Hedjaz à la conférence de Paix. À droite de Fayçal, Roustom Haïdar et Noury Saïd et à sa gauche T.E Lawrence. Derrière Fayçal, portant le képi français, le capitaine Rosario Pisani

Fayçal à Paris pour réclamer devant la Conférence de Paix une Grande Syrie incluant le Liban. La photo représente la Délégation du Hedjaz à la conférence de Paix. À gauche de Fayçal, Roustom Haïdar et Noury Saïd et à droite T.E Lawrence. Derrière Fayçal, portant le képi français, le capitaine Rosario Pisani.

La commission King-Crane à Damas en 1919

La commission King-Crane a été envoyée pour s’enquérir de l’opinion de la population au Levant. Son rapport est resté sans suite, mais il révèle l’état de l’opinion : la population était acquise au projet de Fayçal et s’il fallait obligatoirement une puissance mandataire, elle préférait les États-Unis, à défaut la Grande Bretagne, mais en aucun cas la France, à l’exception des catholiques du Mont-Liban qui voulaient un Grand Liban indépendant sous mandat français.

Début novembre 1919, soit un an après l’effondrement ottoman, les Britanniques finissent par accepter la relève de leurs troupes par les troupes française sur le littoral syro-libanais et en Cilicie.

Début novembre 1919, soit un an après l’effondrement de l’empire ottoman, les Britanniques finissent par accepter la relève de leurs troupes par les troupes françaises sur le littoral syro-libanais et en Cilicie. Damas et l’intérieur syrien restent entre les mains de Fayçal.

le général Henri Gouraud qu’on voit arriver au port de Beyrouth le 21 novembre 1919.

À l’occasion de la relève par les troupes françaises, Clemenceau décide l’envoi dans la région d’une personnalité militaire de haut-rang. Le choix tombe sur le général Henri Gouraud qu’on voit arriver au port de Beyrouth le 21 novembre 1919.

Le général Gouraud, arrivé deux jours plus tôt à Beyrouth, pose à côté de son prédécesseur, François Georges-Picot

Le général Gouraud, arrivé deux jours plus tôt à Beyrouth, pose à côté de son prédécesseur, François Georges-Picot à la sortie de la messe consulaire à l’église latine de Beyrouth le 23 novembre 1919. Gouraud était né à Paris dans une famille catholique et avait fait ses études au collège Stanislas, ce qui va le prédisposer positivement envers le patriarcat maronite et le projet du Grand Liban.

Les piliers de la présence française au Liban en 1919.

Les piliers de la présence française au Liban en 1919. De gauche à droite, le père Chanteur, le général Gouraud, François Georges-Picot, le père Cattin et Robert de Caix

La photo représente l’entrée des troupes françaises à Damas après la bataille de Khan Mayssaloun.

Gouraud était à Beyrouth et les troupes françaises contrôlaient le littoral syro-libanais tandis que Fayçal était à Damas et ses hommes (les chérifiens) contrôlaient l’intérieur syrien. Pour imposer le mandat sur l’ensemble Syrie Liban, Gouraud lance un ultimatum à Fayçal. Devant son refus, les troupes françaises entrent à Damas après avoir vaincu les Chérifiens à la bataille de Khan Mayssaloun le 24 juillet 1920. La photo représente l’entrée des troupes françaises à Damas après la bataille de Khan Mayssaloun.

Gouraud s’installe dans la résidence de Fayçal lors de sa visite à Damas après la victoire de Khan Mayssaloun. Chassé de la Syrie, Fayçal part pour Londres après un séjour en Italie.

Gouraud s’installe dans la résidence de Fayçal à Damas après la victoire de Khan Mayssaloun. Chassé de Syrie, Fayçal part pour Londres après un séjour en Italie.

Le général Gouraud proclamant le Grand Liban le 1er septembre 1920

Après la bataille de Khan Mayssalloun, le général Gouraud procède à la division de la zone du mandat français en quatre entités : le Grand Liban, le gouvernement d’Alep, le gouvernement de Damas et le territoire des Alaouites. Sur cette photo, Gouraud, entouré du patriarche maronite à sa droite et du mufti sunnite de Beyrouth à sa gauche, proclame le Grand Liban le 1er septembre 1920.

Photo souvenir prise devant l’hôtel Sémiramis, où figurent trente-neuf militaires et civils entourant Churchill. Gertrude Bell est la seule femme du groupe.

Pour organiser la zone du mandat britannique, Churchill est nommé ministre des colonies. Il rappelle T.E Lawrence de sa retraite qui reprend du service avec la volonté de régler sa dette envers les Hachémites. Une réunion est organisée à l’hôtel Sémiramis du Caire en mars 1920. Sur cette photo prise devant l’hôtel Sémiramis, une seule femme : Gertrude Bell. C’est elle, avec Percy Cox, qui ont dessiné l’Irak moderne. Fayçal est nommé roi d’Irak.

Après la réunion à l’hôtel Sémiramis, Churchill rencontre Abdallah à Jérusalem et lui demande de s’effacer devant son frère Fayçal comme roi d’Irak.

Après la réunion à l’hôtel Sémiramis, Churchill rencontre Abdallah à Jérusalem et lui demande de s’effacer devant son frère Fayçal comme roi d’Irak. En compensation, il lui donne l’Émirat de Transjordanie qui devient en 1946, après le départ des Britanniques, le royaume de Transjordanie. Suite à la création d’Israël, Abdallah annexe en 1949 Jérusalem-est et la Cisjordanie pour fonder le royaume hachémite de Jordanie.

Le mandat français

Le mandat français a mis en place tous les fondements de l’État libanais

Le mandat français a mis en place tous les fondements de l’État libanais : la magistrature, l’armée, le cadastre, la modernisation de Beyrouth et le développement des réseaux routiers, de la poste, l’électricité, le télégraphe, la construction de l’hôtel Dieu de France (le principal hôpital du Liban) … Les Français sont arrivés en 1918 dans une province ottomane ruinée par la famine. Ils quittent 25 ans plus tard, un pays moderne doté de toutes les infrastructures de l’État.

Passation des pouvoirs entre le général Gouraud et le général Weygand

Passation de pouvoirs entre le général Henri Gouraud et le général Maxime Weygand.
Weygand a signé, en janvier 1925, le décret portant création de la Syrie issue de la fusion des gouvernements de Damas et d’Alep.

Visite du général Maxime Weygand au Cèdres dans le nord du Mont-Liban

Visite du général Maxime Weygand au Cèdres dans le nord du Mont-Liban

Arrivée du général Sarrail au Grand-Sérail à Beyrouth

Arrivée du général Sarrail au Grand-Sérail à Beyrouth. Par sa maladresse, Sarrail a provoqué la révolte druze, menée par Sultan el-Atrache (Sultan est son prénom) dans le Jabal druze qui va s’étendre à l’ensemble de la Syrie, infligeant des pertes significatives à l’armée française.

Sultan el-Atrache (Sultan est son prénom) au centre avec un journaliste américain lors de la révolte druze contre les Français en 1925.

Sultan el-Atrache au centre avec un journaliste américain lors de la révolte druze contre les Français en 1925.

Sarrail est remplacé en novembre 1925 par le sénateur Henry de Jouvenel.

Sarrail est remplacé en novembre 1925 par le sénateur Henry de Jouvenel qui réussit, au cours de son court mandat (novembre 1925-juin 1926), la double performance de vaincre la révolte druze et de doter le Liban d’une constitution promulguée le 23 mai 1926. L’article 101 de la constitution stipule que le Grand Liban devient la République libanaise à partir du 1er septembre 1926.

Le capitaine Desmaires au centre entouré par des combattants druzes

Le capitaine Desmaires au centre entouré par des combattants druzes appartenant aux Escadrons légers druzes servant de supplétif à l’armée français pour contrôler le Djebel druze

Premier gouvernement de la République libanaise. De gauche à droite : Asaad, Talhouk, Kabbani, Adib, el Khoury, Aftimos, Amyouni

Premier gouvernement de la République libanaise. De gauche à droite : le chiite Ali el Asaad (Agriculture), le druze Selim Talhouk (Santé), le sunnite Najib Kabbani (Justice), le maronite Auguste Adib (chef du gouvernement et des finances), le maronite Béchara el Khoury (Intérieur), le grec-catholique Youssef Aftimos (Travaux publics), le grec-orthodoxe Najib Amyouni (Éducation nationale).

Henri Ponsot, Haut-Commissaire

Henri Ponsot, Haut-Commissaire d'août 1926 à juillet 1933. Sous son mandat commence la construction du musée national et du bâtiment du Parlement.

Damien de Martel, haut-commissaire en Syrie et au Liban de 1933 à 1939

Damien de Martel, Haut-commissaire en Syrie et au Liban de 1933 à 1939, un véritable bâtisseur à l’origine de la création de l’aéroport de Bir Hassan, de l’agrandissement du port de Beyrouth et de l’instauration d’une radio diffusion (Radio Orient), première radio au Levant.

La vie politique s’organise sous le mandat autour de deux blocs.

La vie politique s’organise sous le mandat autour de deux blocs. Le bloc national, avec à sa tête Émile Éddé, et le bloc constitutionnel, avec à sa tête Béchara el Khoury. Fondation de plusieurs partis dont les plus importants sont le parti Phalangiste (majorité maronite), le parti populaire syrien fondé par un grec-orthodoxe, le parti communiste et le parti des Najjadé fondé par un sunnite. Au centre de la photo Émile Eddé, président de la République et à sa droite Abdallah el Liafi, président du Conseil.

Cérémonie de paraphe du traité d’amitié franco-syrien, le 9 septembre 1936, au Quai d’Orsay (salon de l’Horloge)

Le Front populaire au pouvoir en France voulait accorder l’indépendance à la Syrie et au Liban au prix d’un traité d’amitié sur 25 ans. Ce traité a été signé avec le Liban au Petit-Sérail le 13 novembre 1936. Dans la photo, la Cérémonie de paraphe du traité d’amitié franco-syrien, le 9 septembre 1936, au Quai d’Orsay (salon de l’Horloge). Ces deux traités n’ont jamais été ratifiés par la France.

Construction d’un village à Anjar dans la Bekaa pour accueillir les réfugiés arméniens du sandjak d’Alexandrette

Construction d’un village à Anjar dans la Bekaa pour accueillir les réfugiés arméniens du sandjak d’Alexandrette. Pour obtenir sa neutralité lors de la Seconde Guerre mondiale, la France cède à la Turquie le Sandjak d’Alexandrette. Avant l’arrivée de la nouvelle administration turque, les Arméniens du Sandjak prennent la fuite. Ceux d’Antioche et d’Alexandrette seront installés à Beyrouth et ceux de Mousa Dagh, des agriculteurs, seront installés à Anjar dans la Bekaa.

Gabriel Puaux, succède à de Martel en octobre 1938. Il refuse l’armistice décidée par Pétain, mais se ravise deux jours plus tard.

Gabriel Puaux, succède à de Martel en octobre 1938. Il refuse l’armistice décidée par Pétain, mais se ravise deux jours plus tard. Cette prise de position lui vaut d’être remplacé par Jean Chiappe qui meurt dans un accident d’avion en venant prendre ses fonctions à Beyrouth, et c’est finalement le général Dentz qui sera nommé. Cette photo, prise en décembre 1939, montre Puaux à la Grande Mosquée de Damas à la fin du Ramadan.

Le général Dentz s’adressant à la population sur les ondes de Radio Levant

Pendant la Seconde Guerre mondiale, les Français au Levant étaient vichystes sous le commandement du général Henri Dentz. Ils seront délogés par les Britanniques et la France libre au cours de l’opération Exporter qui débute le 8 juin 1941 et se termine le 14 juillet de la même année par la signature de la Convention de Saint-Jean d’Acre. Dans la photo, le général Dentz s’adressant à la population sur les ondes de Radio Levant.

Le 14 juillet 1941, les soldats australiens viennent d’investir le terrain d’Alep-Nerab. Ils posent ici avec le Morane-Saulnier.

Le 14 juillet 1941, les soldats australiens viennent d’investir le terrain d’Alep-Nerab. Ils posent ici avec le Morane-Saulnier. Les avions visibles ici seront tous affectés aux Forces aériennes françaises libres (Australian war memorial).

Retour de mission des sergents Ghesquière (à gauche) et Michaux à Rayack.

Retour de mission des sergents Ghesquière (à gauche) et Michaux à Rayack. Ces deux pilotes vichystes revendiquent chacun une victoire pendant la campagne de Syrie (SHD-DAA, fonds Joly-Rohr)

Le Général Catroux à Damas en juillet 1941, après la victoire sur les Vichystes

Le Général Catroux à Damas en juillet 1941, après la victoire sur les Vichystes.

Signature de la Convention de Saint Jean d’Acre le 14 juillet 1941 par le général britannique Wilson, surnommé Jumbo

Vichy est acculée à la signature de la Convention de Saint Jean d’Acre le 14 juillet 1941 par laquelle elle cède la Syrie et le Liban aux Britanniques et exige l’absence de tout représentant de la France libre. Dans la photo, le général britannique Wilson, surnommé « Jumbo » en train de signer la Convention.

Le général de Gaulle considère que Vichy a abandonné la Syrie et le Liban à Londres et s’envole pour Le Caire.

Le général de Gaulle considère que Vichy a abandonné la Syrie et le Liban à Londres et s’envole pour Le Caire où il obtient, le 24 juillet 1941, d’Olivier Lyttelton, ministre d’État chargé des affaires britanniques en Orient, un accord interprétatif de la Convention de Saint-Jean-d’Acre.

Les troupes de Vichy évacuent la Syrie et le Liban en 1941

Sur cette photo, les troupes de Vichy évacuent la Syrie et le Liban en 1941. L’accord interprétatif de la Convention de Saint-Jean-d’Acre stipule que les troupes britanniques gardent la responsabilité de la défense de la Syrie et du Liban, mais qu’il revient à la France-libre d’assurer la sûreté intérieure. Elle donne, aussi, aux troupes vichystes le choix de rentrer en France ou de rester sur place pour intégrer la France libre. Sur les 40 000 militaires et administratifs vichystes une forte majorité opte pour le départ.

Le Général Catroux, Béchara el Khoury et Riad el Solh au bal de la Résistance à l’Union française

Le général Edwards Spears critique de Gaulle pour sa remise en cause de la Convention de Saint-Jean-d’Acre et lui reproche de donner plus d’importance aux intérêts français au Levant qu’à la guerre contre les Allemands. Il revient à Beyrouth décidé à évincer du Liban La France libre. Cette photo est très parlante, on voit l’opposition de Spears à Catroux dans ce qui a été qualifié du « duel du faucon et de l’épervier ».

Le Général Catroux, Béchara el Khoury et Riad el Solh au bal de la Résistance à l’Union française

La stratégie de Spears est d’appuyer le courant indépendantiste autour d’un maronite Béchara el Khoury et d’un sunnite Riad el Solh, pour évincer la France du Liban. Dans la photo, Béchara el Khoury et Riad el Solh à côté du général A. Catroux.

Indépendance

Riad el Solh prononce le 8 novembre 1943 devant le Parlement libanais sa première déclaration en tant que Premier ministre, connue sous le nom du Pacte national

Après la victoire du courant indépendantiste aux élections législatives en septembre 1943, Béchara el Khoury est élu président de la République et nomme Riad el Solh premier ministre. Dans la photo, Riad el Solh prononce le 8 novembre 1943 devant le Parlement libanais sa première déclaration en tant que Premier ministre, connue sous le nom de Pacte national.

Le Parlement libanais vote le 8 novembre 1943 l’abolition de l’article 90 de la Constitution mettant fin au mandat français.

Le Parlement libanais vote le 8 novembre 1943 l’abolition de l’article 90 de la Constitution mettant fin au mandat français.

Dans la nuit du mercredi 10 au jeudi 11 novembre, les responsables libanais sont arrêtés et conduit à la citadelle de Rachaya où ils sont emprisonnés.

Dans la nuit du mercredi 10 au jeudi 11 novembre, les responsables libanais sont arrêtés et conduit à la citadelle de Rachaya où ils sont emprisonnés. Dans la photo, les seuls rescapés : le président de l’Assemblée nationale Sabri Hamadé, et les deux ministres qui ont échappé à la rafle, Habib Abou Chahla et Majid Arslan. Ils proclament la formation d’un Gouvernement provisoire pour assurer l’intérim et se retranchent à Bchémoun dans la Montagne libanaise.

Richard Casey, ministre d’État britannique, accompagné du général Spears se présente le 19 novembre 1943 au Grand-Sérail

Dépêché par le Conseil de guerre britannique, Richard Casey, ministre d’État britannique, accompagné du général Spears se présente le 19 novembre 1943 au Grand-Sérail pour remettre un ultimatum au général Catroux afin de libérer les responsables libanais avant le 22 novembre.

Les responsables libanais sont libérés le 22 novembre 1943. Cette date est considéré comme jour de l’indépendance.

Les responsables libanais sont libérés le 22 novembre 1943. Cette date est considéré comme jour de l’indépendance.

Dans la photo, Paul Beynet lors d’une visite à l’Évêché grec-orthodoxe de Beyrouth en 1946 (photo Frédéric Dakouny).

La France tarde à couper le cordon ombilical avec le Liban. Elle nomme après l’indépendance le général Paul Beynet, toujours avec le titre de délégué général. Il a fallu attendre 1946 pour que soit nommé un ambassadeur (Armand de Chaila). Dans la photo, Paul Beynet lors d’une visite à l’Évêché grec-orthodoxe de Beyrouth en 1946. Sur le mur, les photos de la famille impériale russe sont accrochées, soit plus d’un quart de siècle après son exécution par les Soviets. Le Tsar était le protecteur des communautés grecques-orthodoxes du Levant.

Ce n’est que le 30 décembre 1946 que les derniers militaires et conseillers français évacuent Beyrouth.

Ce n’est que le 30 décembre 1946 que les derniers militaires et conseillers français évacuent Beyrouth après avoir reçu les honneurs de l’armée libanaise. Pour immortaliser ce moment historique, une plaque commémorative apposée à l’entrée des gorges de Nahr el Kalb sera dévoilée le 31 décembre 1946, mettant un point final à la parenthèse du mandat français.

Liban indépendant

La tribune officielle pendant le défilé militaire marquant les festivités commémoratives de l'indépendance de 1951.

La tribune officielle pendant le défilé militaire marquant les festivités commémoratives de l'indépendance de 1951.

Cette photo du début des année 50 illustre la répartition du pouvoir entre les communautés selon le Pacte national.

Cette photo du début des année 50 illustre la répartition du pouvoir entre les communautés selon le Pacte national : Béchara el Khoury, président de la République (maronite) est entouré, à sa droite, par Ahmed el Asaad, président du Parlement (chiite) et à sa gauche , par Abdallah el Yafi, président du Conseil (sunnite). En tenue militaire, le chef de l’armée, le général Fouad Chéhab (maronite).

En 1948, les Palestiniens et les armées arabes sont vaincus par les Juifs en Palestine; création de l’Etat d’Israël le 14 mai.

En 1948, les Palestiniens et les armées arabes sont vaincus par les Juifs en Palestine; création de l’État d’Israël le 14 mai ; une grande partie des Palestiniens fuient la Palestine pour devenir des réfugiés dans les pays arabes. 130000 arrivent au Liban. C’est al Nakba, « la grande catastrophe ».

A la suite d’al Nakba, les régimes arabes vont tomber.

A la suite d’al Nakba, des régimes arabes vont tomber. En Égypte, la monarchie est renversée par un coup d’État des officiers libres. Gamal Abdel Nasser arrive au pouvoir. Avec lui, le nationalisme arabe devient l’idéologie dominante. Dans la photo, création le 1er février 1958 de la République arabe unie (RAU), union entre l’Égypte et la Syrie.

15 ans après l’indépendance, le Liban plonge dans une mini guerre civile.

15 ans après l’indépendance, le Liban plonge dans une mini guerre civile : les musulmans souhaitant que le Liban intègre la RAU et les chrétiens n’en voulant pas. Dans la photo, une barricade dans les rues de Beyrouth.

Le débarquement des Marines américains à Beyrouth le 15 juillet 1958.

Le débarquement des Marines américains à Beyrouth le 15 juillet 1958 (au lendemain du coup d’État en Irak et pour ancrer le Liban dans le camp pro-occidental) mettra fin à cette mini guerre civile. Le chef de l’armée, le général Fouad Chéhab est élu à la présidence de la République.

Réalisant que la clef du problème est chez Nasser, Chéhab inaugure son mandat en le rencontrant.

Réalisant que la clef du problème est chez Nasser, Chéhab inaugure son mandat en le rencontrant. Dès lors, le Liban passe sous parapluie nasserien. Il était déjà sous celui du général de Gaulle.

La rencontre de Nasser et Chéhab a lieu le 25 mars 1959 à Masnaa à la frontière syro-libanaise.

La rencontre de Nasser et Chéhab a lieu le 25 mars 1959 à Masnaa à la frontière syro-libanaise. Une barraque est construite pour l’occasion, moitié au Liban, moitié en Syrie de telle sorte que la frontière passe au milieu de la table, ainsi chaque président se trouve dans son pays.

La guerre des six jours.

La guerre des six jours : humiliation des armées arabes, humiliation de Nasser qui meurt 3 ans plus tard, émergence de Yasser Arafat et des fédayin. Les Palestiniens voulaient prendre leur cause en main et ne plus la sous-traiter aux régimes arabes.

Arafat préférait prendre le pouvoir à Aaman mais c’était sans compter avec la pugnacité du roi Hussein qui va le chasser lors du fameux Septembre noir.

Pour les Palestiniens, il y avait quatre États limitrophes à partir desquels ils pouvaient attaquer Israël : le Liban, la Jordanie, la Syrie et l’Égypte. Confrontés à des régimes forts dans ces deux derniers pays, il ne leur restait que le Liban et la Jordanie. Arafat préférait prendre le pouvoir à Aaman mais c’était sans compter avec la pugnacité du roi Hussein qui va le chasser lors du fameux Septembre noir.

Signature des Accords du Caire,  le 3 novembre 1969.

Après la guerre des Six jours, les Palestiniens commencent à lancer des Katioucha sur Israël à partir du sud Liban. Celle-ci réplique. Confrontation entre les fédayin et l’armée libanaise. Le pays est scindé en deux : les chrétiens avec l’armée, les musulmans avec les Palestiniens. Signature des Accords du Caire, le 3 novembre 1969, par lesquels le Liban cède une partie de sa souveraineté aux Palestiniens et sera broyé par le conflit israélo-palestinien.

Moussa el Sadr fonde en 1974 le « Mouvement des déshérités »

Les premières générations d’intellectuels chiites formés à l’université libanaise ou en URSS sont marxistes-léninistes. Moussa el Sadr fonde en 1974 le « Mouvement des déshérités », qui marque le retour de la communauté chiite dans le giron religieux. Ce mouvement, rebaptisé Amal, prend son essor au début de la guerre civile.

Guerre civile

Le 13 avril 1975. C’est le début de la guerre civile.

Le 13 avril 1975, un dimanche, il faisait beau. Cheikh Pierre Gemayel était en train d’inaugurer une église grecque-catholique à Ain el Remmaneh. Une voiture sans immatriculation tire sur la foule, quatre morts mais Cheikh Pierre est sain et sauf. Dans l’après-midi, un bus transportant des Palestiniens et allant du camp de Sabra au camp de Tel el Zaatar est détournée de son chemin habituel et passe par Ain el Remmaneh. Il sera mitraillé par des miliciens phalangistes : 27 morts. C’est le début de la guerre civile.

Le 27 mars 1976, Kamal Joumblatt rencontre Hafez el Assad pour obtenir son feu vert pour investir la région chrétienne.

Après une année de combat, les milices chrétiennes étaient sur la défensive. Le 27 mars 1976, Kamal Joumblatt rencontre Hafez el Assad pour obtenir son feu vert pour investir la région chrétienne. Assad refuse car il voulait le Liban pour lui. L’armée syrienne entre au Liban au printemps 1976 au secours des chrétiens et Kamal Joumblatt est assassiné par les Syriens le 16 mars 1977.

La visite de Sadate à Jérusalem le 19 novembre 1977 entraine un bouleversement des alliances.

La visite de Sadate à Jérusalem le 19 novembre 1977 entraine un bouleversement des alliances : rapprochement des Syriens avec Arafat et de Béchir Gémayel avec les Israéliens.

Adoptée par le Conseil de sécurité des Nations Unies, la résolution 425 ordonne le retrait des forces israéliennes et prévoit le déploiement de la Force intérimaire des Nations Unies au Liban (FINUL) à titre de force d'interposition.

Le 14 mars 1978 : opération Litani en représailles à un massacre commis dans un bus près de Tel Aviv par des fidayîn infiltrés du Liban qui a causé la mort de 37 Israéliens. Israël occupe le sud-Liban et repousse l’OLP au-delà du fleuve Litani. Adoptée par le Conseil de sécurité des Nations Unies, la résolution 425 ordonne le retrait des forces israéliennes et prévoit le déploiement de la Force intérimaire des Nations Unies au Liban (FINUL) à titre de force d'interposition.

Emergence de Béchir Gémayel et division du camp chrétien.

Emergence de Béchir Gémayel et division du camp chrétien avec l’assassinat par les Phalangistes, le 13 juin 1978, de Tony Frangiéh, un maronite proche de la Syrie. Le 7 juillet 1980, les phalangistes de Béchir éliminent les autres milices chrétiennes dans le but d’unifier le fusil chrétien dans le cadre des Forces libanises.

Au centre Joe Eddé, qui dirigea la défense de la ville, aux côtés d'Ibrahim Hobeika, responsable du parti phalangiste à Zahlé, et de Mgr Augustinos Farah, évêque grec-catholique.

En avril 1981, la bataille de Zahlé faillit dégénérer en conflit régional entre Israël et la Syrie. Sur la photo, on reconnaît au centre Joe Eddé, qui dirigea la défense de la ville, aux côtés d'Ibrahim Hobeika, responsable du parti phalangiste à Zahlé, et de Mgr Augustinos Farah, évêque grec-catholique.

Après avoir résisté aux assauts de l'armée syrienne, les miliciens chrétiens quittèrent Zahlé, armes en main. Sur la photo, Joe Eddé aux côtés de Béchir Gemayel.

Après avoir résisté aux assauts de l'armée syrienne, les miliciens chrétiens quittèrent Zahlé, armes en main. Sur la photo, Joe Eddé aux côtés de Béchir Gemayel.

Invasion israélienne du sud Liban le 6 juin 1982 et siège de Beyrouth, sous le commandement d’Ariel Charon.

Invasion israélienne du sud Liban le 6 juin 1982 et siège de Beyrouth, sous le commandement d’Ariel Charon.

Chassés par les Israéliens, Arafat et 11000 combattants quittent Beyrouth en août 1982 sous protection militaire française.

Chassés par les Israéliens, Arafat et 11000 combattants quittent Beyrouth en août 1982 sous protection militaire française. Après une escale à Athènes, Arafat s’installe à Tunisie.

Election de Béchir Gémayel à la présidence de la République le 23 août 1982. Il sera assassiné par la Syrie le 14 septembre de la même année.

Élection de Béchir Gémayel à la présidence de la République le 23 août 1982. Il sera assassiné par la Syrie le 14 septembre de la même année. Après son assassinat, seront commis les massacres de Sabra et Chatila.

En 1982, Amal se divise en Amal et Amal islamique qui devient le Hezbollah sous l’influence d’une génération fasciné par la révolution iranienne.

En 1982, Amal se divise en Amal et Amal islamique qui devient le Hezbollah sous l’influence d’une génération fasciné par la révolution iranienne. Télécommandé par les Pasdarans et inféodé à l’Iran, le Hezbollah sera porteur d’un projet politique à l’antipode du projet libanais.

Le 23 octobre 1983, deux attentats attribués au Hezbollah, presque simultanés, touchent les contingents français et américain de la Force multinationale.

Le 23 octobre 1983, deux attentats attribués au Hezbollah, presque simultanés, touchent les contingents français et américain de la Force multinationale. Le premier attentat touche les Marines américains occasionnant 241 morts ; le second, connu sous le nom de Drakkar, cause la mort de 58 soldats français, tous membres des 1er et 9ème régiments de chasseurs parachutistes. La Force multinationale sera retirée après ces deux attentats.

En 1982, Amin Gémayel est élu Président de la République après l’assassinat de son frère Béchir.

En 1982, Amin Gémayel est élu Président de la République après l’assassinat de son frère Béchir. Sous son mandat, l’accord de Paix libano-israélien du 17 mai 1983 est abrogé. Les chrétiens sont chassés des régions druzes après une guerre sordide entre druzes et chrétiens (1983). En 1985, Israël se retire du Liban en maintenant une zone de sécurité à la frontière tenue par l’Armée du Liban Sud (ALS).

En 1986, une guerre fratricide interchrétienne oppose Elie Hobeika à Samir Geagea pour le contrôle des Forces libanaises.

En 1986, une guerre fratricide interchrétienne oppose Elie Hobeika à Samir Geagea pour le contrôle des Forces libanaises. Proche de la Syrie, Hobeika est évincé et se retire à Zahlé. Parallèlement des conflits intermusulmans se déroulent entre 1985 et 1987 : Amal s'oppose aux Palestiniens, aux milices druzes et au Hezbollah. Suite aux désordres causés par ces combats, l'armée syrienne revient en février 1987 pour pacifier Beyrouth-Ouest. Le 1er juin 1987, Rachid Karamé est assassiné et Selim el Hoss est nommé pour lui succéder.

N’ayant pas de successeur à la fin de son mandat, Amin Gémayel nomme le chef de l’armée, le général Michel Aoun comme premier ministre.

N’ayant pas de successeur à la fin de son mandat, Amin Gémayel nomme le chef de l’armée, le général Michel Aoun comme premier ministre. Il sera rejeté par les musulmans. Le Liban aura deux premiers ministres. En mars 1989, le général Aoun déclare la « guerre de libération » contre les Syriens et en janvier 1990, la « guerre d’élimination » contre les Forces libanaises.

Le général Michel Aoun est évincé du palais de Baabda le 13 octobre 1990 par l’armée syrienne après le feu vert des Américains.

Le général Michel Aoun est évincé du palais de Baabda le 13 octobre 1990 par l’armée syrienne après le feu vert des Américains pour récompenser Hafez el Assad de sa participation à la première guerre du Golfe contre l’Irak. La photo montre des soldats syriens posant devant le Palais de Baabda. Dès lors le Liban passe sous tutelle syrienne.

L’occupation syrienne

Signé le 22 octobre 1989, l’accord de Taëf met fin à la guerre civile.

Signé le 22 octobre 1989, l’accord de Taëf met fin à la guerre civile. Il équilibre le pouvoir en faveur des musulmans et exige le désarmement des milices. Malgré cet accord, le Hezbollah maintient ses armes.

Bâtisseur du Beyrouth d'après-guerre et ami personnel de Jacques Chirac, Rafic Hariri obtint, grâce au président français, la tenue de trois Conférences internationales de soutien au Liban.

Bâtisseur du Beyrouth d'après-guerre et ami personnel de Jacques Chirac, Rafic Hariri obtint, grâce au président français, la tenue de trois Conférences internationales de soutien au Liban (Paris I, Paris II et Paris III), cette dernière ayant lieu en 2007, après sa mort.

Rafic Hariri sera assassiné, sur ordre de la Syrie exécuté par le Hezbollah, le 14 février 2005.

Rafic Hariri sera assassiné, sur ordre de la Syrie exécuté par le Hezbollah, le 14 février 2005. Devant son cercueil, son fils proclame le « Liban d’abord », fermant ainsi une parenthèse dans l’histoire de la communauté sunnite suspecte de favoriser son attachement arabe à son encrage libanais. Suite à sa mort, Jacques Chirac obtient des Américains le départ de l’armée syrienne du Liban.

L’emprise du Hezbollah sur l’État libanais

Après le retrait syrien en 2005, le duo chiite (Amal-Hezbollah) assure son emprise sur l’Etat libanais.

Après le retrait syrien en 2005, le duo chiite (Amal-Hezbollah) assure son emprise sur l’Etat libanais. Cette entreprise sera facilitée par l’accord scellé dans l’église Mar Mikhaël à Chiyah entre Hassan Nasrallah et Michel Aoun de retour d’exil en France. Dans cette alliance, Michel Aoun apporte une couverture chrétienne au Hezbollah. Il sera récompensé par son élection à la présidence de la République en 2016. Le Hezbollah a été à l’origine de trois guerres destructrices contre Israël en 2006, 2024 et 2026 et d’un coup de force, en 2008, contre les sunnites de Saad el Hariri.

Le 4 août 2020, vers 18 heures, deux explosions ont lieu consécutivement dans le port de Beyrouth.

Le 4 août 2020, vers 18 heures, deux explosions ont lieu consécutivement dans le port de Beyrouth. La seconde explosion, résultant de la détonation de centaines de tonnes de nitrate d'ammonium entreposées par le Hezbollah dans le hangar numéro 12 de la zone portuaire, a causé la mort de 220 victimes et des destructions considérables.

Au lendemain de l’explosion du port de Beyrouth, le Président Emmanuel Macron est le seul responsable politique étranger à visiter le Liban.

Au lendemain de l’explosion du port de Beyrouth, le Président Emmanuel Macron est le seul responsable politique étranger à visiter le Liban. Avec lui, comme avec Charles de Gaulle et Jacques Chirac, l’amitié franco-libanaise connait son apogée.

Le Président de la République Joseph Aoun et le président du Conseil Nawaf Salam

Le général Joseph Aoun à la présidence de la République et Nawaf Salam à la tête du Conseil des ministres font renaître un espoir nouveau pour le Liban — celui qu'une nuit de plus de cinquante ans touche enfin à sa fin et qu'une aube nouvelle se lève avec un État libanais, au-dessus des communautés.

Documents

Liban : genèse d’une nation singulière

De l’époque ottomane à l’indépendance

Par François Boustani

De nombreux Libanais s’interrogent encore sur l’identité de leur pays : quelle est la réalité historique du Liban ? Quel est le lien entre les différentes communautés qui le composent et quel est son rapport à la Syrie, si prochaine et si lointaine ? Le Liban fait partie du Levant. Cette région, malgré sa diversité, présente une certaine unité : une même cuisine, un même dialecte...

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De l'indépendance à la désintégration de l'État libanais.

Par François Boustani

L'âge d'or du Liban

Les Libanais, et les chrétiens en particulier, restent profondément nostalgiques de l'âge d'or du Liban, cette période lumineuse qui s'ouvrit après l'indépendance sous la présidence de Camille Chamoun et se prolongea jusqu'à celle de Soleiman Frangié. À la veille de la guerre civile, en 1975...

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La guerre civile libanaise

Par François Boustani

L'éclatement de la guerre civile

En ce début de 1975, le Liban est coupé en deux : d'un côté les maronites, de l'autre les Palestiniens soutenus par les sunnites et la gauche libanaise conduite par Kamal Joumblatt. La première étincelle jaillit le 26 février 1975, lorsqu'une manifestation de pêcheurs à Saïda, dirigée contre une compagnie d'exploitation maritime dont le président Camille Chamoun était le principal actionnaire, dégénère en affrontement. Le dignitaire sunnite de la ville Maarouf Saad est atteint par des balles et succombe le 6 mars....

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La guerre civile libanaise en quelques dates (1975-1990)

Annexe

Par François Boustani

Le dimanche 13 avril 1975, quatre chrétiens sont assassinés devant une église maronite dans le quartier d'Aïn el-Remaneh à Beyrouth. Le même jour, en représailles, un autobus conduisant des Palestiniens au camp de Tall el-Zaatar est mitraillé par des militants phalangistes. Des épisodes de violence se succèdent, avant l'embrasement général, opposant les forces chrétiennes du Front libanais — phalangistes, PNL et Tanzim — à l'OLP d'Arafat...

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Les racines historiques de la guerre civile libanaise

Une psychanalyse du
communautarisme libanais

Par François Boustani

Une question s'impose d'emblée : pourquoi une grande partie des Libanais a-t-elle choisi de livrer le Liban à Arafat, alors même que le pays vivait son âge d'or et était considéré comme la perle du monde arabe ?
Mgr Boulos Naaman, ancien supérieur général de l'Ordre des moines maronites durant la guerre civile, offre une clé de réponse...

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La France au Liban

Par François Boustani

L'histoire du Liban recèle une page lumineuse de l'histoire de France, trop souvent ignorée des Français eux-mêmes. Parler de l'amitié franco-libanaise revient à parler de l'histoire du Liban, tant la France a joué un rôle déterminant dans la destinée de ce pays.

De ce passé commun, les Libanais gardent une reconnaissance profonde. Dans mon enfance, les anciens appelaient la France al-Oum al-Hanoun — la mère tendre — et mon grand-père paternel ne fumait que des Gauloises ou des Gitanes, refusant obstinément de porter des étoffes anglaises...

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Repères chronologiques

Annexe

Par François Boustani

  • Xe siècle — Naissance de la doctrine druze en Égypte sous le règne du calife fatimide al-Hakim.
  • 1215 — Bulle d'Innocent III intégrant l'Église maronite dans l'Église de Rome.
  • 1516 — Le Levant passe sous domination ottomane.
  • 1516-1842 — Émirat druze du Mont-Liban.
    • Fakhr el-Din II (règne de 1590 à 1635)
    • Béchir II (règne de 1788 à 1840)
  • 1584 — Fondation du Collège maronite pontifical de Rome, destiné à former le haut clergé maronite.
  • ...
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Les cartes

Vous pouvez faire défiler et zoomer chaque carte.

  • Le monde arabe
  • Communautés religieuses au Levant à la fin de l'Empire ottoman
  • La mosaique communautaire libanaise
  • Les provinces féodales (1515-1842)
  • La province autonome du Mont-Liban (1861-1920)
  • Définition de la Palestine
  • Les mandats à l'issue de la conférence de San Remo
  • La frontière entre le Liban et la Palestine
  • La division de la zone de mandat français
  • Genèse de l'Arabie Saoudite
  • Le génocide des Arméniens
  • Les communautés assyro-chaldéennes-syriaques
  • Le détroit des Dardanelles
  • Les Accords Sykes-Picot
  • La révolte arabe
  • Les États du mandat britannique
  • Le traité de Sèvres
  • La Frontière Syro-turque
  • La guerre greco-turque
  • L'exode des Arméniens
  • La révolte syrienne
  • La campagne de Syrie en 1941
  • Le Levant
  • La division administrative ottomane du Levant à la veille de la Première guerre mondiale
  • Division féodale au début de la conquète Ottomane
  • La carte de 1861 qui a servi au patriarche maronite pour réclamer le Grand Liban en 1920.

Liban libre, libre Liban
— Guy Béart

La poésie parvient souvent, mieux que de longs discours, à dire l’essentiel. Dans Liban libre, libre Liban, Guy Béart touche au cœur même du Liban et à ce qui fonde sa tragédie.

En vidéo :

Liban libre, libre Liban — Guy Béart

Né au Caire sous le nom de Béhar-Hasson et inhumé au carré juif du cimetière de Garches, Béart a passé une partie décisive de son enfance à Beyrouth, où sa famille s’installe alors qu’il n’a que dix ans. Élève de l’International College (section française), il y obtient un baccalauréat de mathématiques élémentaires avant de quitter le Liban pour la France à l’âge de dix-sept ans.

Livre :
Liban, genèse d'une nation singulière
Par François Boustani

Liban, genèse d'une nation singulière - Par François Boustani
Version arabe. Liban, genèse d'une nation singulière - Par François Boustani

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